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Le PLQ accueille avec engouement son nouveau chef, Charles Milliard
Charles Milliard prend la parole lors d'un rassemblement pour souligner son couronnement à la tête du chef du Parti libéral du Québec, à Trois-Rivières, le 15 février 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Graham Hughes Une foule en liesse a accueilli dimanche après-midi le nouveau chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard, à Trois-Rivières, deux jours seulement après son couronnement.
Il a fait son entrée aux côtés de son conjoint, dans une salle où près de 600 membres du caucus s’étaient réunis pour l’acclamer.
Dans son discours à l’hôtel Delta, Charles Milliard a énoncé ses cinq priorités, à savoir l’économie, les services publics, les régions, la culture et l’accès au logement.
«Ici on s’assume, je suis nationaliste, je suis régionaliste, je suis fédéraliste et non, ce n’est pas contradictoire», a-t-il lancé tout en plaidant un fédéralisme asymétrique.
«Le Québec a sa place au sein du Canada, ensemble on va faire du Québec un leader dans la fédération», a déclaré M. Milliard.
Le 17e chef du PLQ a énuméré des mesures phares que mettrait en place un éventuel gouvernement libéral, la création d’une plateforme de télémédecine accessible 7 jours sur 7, un objectif de 100 000 mises en chantier par année, ou encore l’allègement du fardeau fiscal pour les petites et moyennes entreprises (PME).
En cas d’élection de son parti à l’automne prochain, il s’est engagé à mettre en place des états généraux sur l’Éducation afin de revoir le système scolaire au complet pour «raccrocher nos jeunes, mais aussi nos enseignants».
«Notre système actuel a atteint sa limite, la cloche a sonné», a-t-il lancé.
Concernant l’immigration, il a assuré vouloir mettre en place une clause des droits acquis concernant le Programme d’expérience québécoise (PEQ), qui a été aboli par le gouvernement Legault.
«On va demander au MIFI [ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration] d’ouvrir ses livres et de regarder le réel potentiel d’accueil à chacune des régions du Québec et après ça, comme politiciens et comme décideurs, on va décider de ce qu’on veut faire», a-t-il.
Charles Milliard s’est aussi engagé à défendre la langue française tout en soutenant les capacités de francisation des populations immigrantes. Il a ensuite évoqué l’importance d’aider le milieu culturel, et en a profité pour attaquer le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, au sujet de ses récentes prises de position à l’encontre des artistes.
«Quand le chef du Parti québécois se permet de juger et de faire la morale aux créateurs, ce n’est pas de la fierté nationale, c’est du paternaliste», a-t-il déclaré.
Il a ensuite évoqué son désir d’assurer le développement économique du Québec en tenant compte de la transition environnementale et en faisant de la province un «chef de file» en matière de mobilité durable et énergie verte.
Un souffle nouveau après la tempête
M. Milliard a évoqué la période tumultueuse qu’a connue son parti, marquée par des scandales concernant certains de ses membres, et la démission de l’ancien chef, Pablo Rodriguez, en décembre dans la foulée d’allégations liées au financement de sa campagne à la chefferie.
«Nous avons traversé une période difficile, mais aujourd’hui, on regarde en avant, a-t-il dit. Désormais, sous mon leadership, intégrité, transparence et imputabilité seront les mots d’ordre, parce que le parti que je veux gouverner se doit d’être irréprochable et parce que la confiance, ça ne se demande pas, ça se mérite.»
Pharmacien de formation, il a affirmé vouloir faire de la santé mentale une priorité majeure et augmenter l’offre de soin à domicile.
«Je suis profondément préoccupé par le sort de nos aînés au Québec, a ajouté Charles Milliard. On va investir pour qu’ils puissent rester le plus longtemps possible à la maison et dans leur région, le déracinement de nos aînés est un fléau de notre société et je vais m’y attaquer.»
Il a affirmé que les Québécois ont besoin d’un «nouveau souffle» après deux mandats caquistes qui les ont «tout simplement essoufflés».
Le chef libéral souhaite aussi donner davantage de leviers aux municipalités pour leur permettre d’agir adéquatement sur les enjeux auxquels elles sont confrontées.
«Je serai le premier ministre de la décentralisation du Québec», a-t-il dit.
En mêlée de presse après son allocution, Charles Milliard, a expliqué que la semaine qui s’en vient sera importante pour le PLQ et donnera lieu à des décisions cruciales lors du premier caucus.
Une décision qui sera scrutée à la loupe sera l’avenir de la députée Marwah Rizqy, qui a été exclue du parti par Pablo Rodriguez après avoir congédié sa cheffe de cabinet, Geneviève Hinse. Charles Milliard a assuré qu’aucune décision n’est pour le moment prise à ce sujet.
«C’est un des sujets qu’on va aborder dans le premier caucus (…) je vais faire une décision d’équipe, alors il faut bien que j’en parle avec l’équipe, je ne précipite pas les choses», a-t-il dit.
Il a confié être «inquiet» des enquêtes qui sont en cours au sujet du PLQ, tout en affirmant ne pas avoir toutes les informations en sa possession.
Un nouveau souffle
Les anciens premiers ministres libéraux, Daniel Johnson et Philippe Couillard, ont pris à tour de rôle la parole avant l’allocution de M. Milliard pour saluer sa nomination ainsi que la nouvelle génération de politiciens qu’il représente. Les anciens chefs intérimaires du parti, Marc Tanguay, Pierre Arcand et Jean-Marc Fournier, étaient également présents.
M. Milliard aura comme défi de se faire connaître auprès des Québécois, alors que, contrairement à son prédécesseur, il n’a jamais été député, que ce soit au fédéral ou au provincial. Originaire de Lévis, Charles Milliard a été président de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) et enseignant à l’Université de Bishop en Estrie, avant de faire le grand saut en politique.
«J’aime mieux travailler à conquérir les Québécois parce qu’ils ne me connaissent pas, qu’à les faire changer d’opinion sur moi, ce qui est le problème de certains autres politiciens», a-t-il dit.
Questionné à savoir si les Québécois sont prêts à élire un premier ministre homosexuel, M. Milliard a assuré ne pas être inquiet à ce sujet.
«Je n’avais pas l’intention de me cacher par rapport à qui je suis pour les Québécois, alors ils jugeront, mais à voir le tonnerre de soutien que je reçois pour une nouvelle qui ne l’est pas, ça me remplit d’espoir, a-t-il répondu. Je suis beaucoup dans le vivre et laisser vivre. On est en 2026 moi, je pense que les Québécois sont surtout préoccupés à avoir un gouvernement qui fonctionne plus que ce que le premier ministre fait.»
Plusieurs membres du PLQ présents lors de l’événement ont assuré être confiants face à ce nouveau chef que peu d’entre eux connaissent pour le moment.
«C’est tout nouveau pour nous, on ne veut pas agrandir la personne ou quoi que ce soit, nous allons voir ce qu’il fait, mais je suis contente qu’il soit là et je suis très heureuse, a expliqué la membre du PLQ, Julie Begin, qui avait fait le déplacement depuis Montréal pour voir son nouveau chef. Il nous donne confiance pour l’instant.»
La jeune génération de libéraux semblait également galvanisée par l’arrivée de Charles Milliard à la tête du parti, comme l’a expliqué Antoine Barrette, âgé de 22 ans et membre du PLQ depuis un an.
«Il apporte du renouveau et un certain nationalisme qui me plaît beaucoup, a dit le jeune militant venu de Chambly. Son défi va être d’être connu et montrer qu’on est une bonne opposition du Parti québécois.»