Crise du logement au Bas-Saint-Laurent | Les groupes communautaires sonnent l’alarme

Guylain Jean | 12 février 2026 | 10:04
Crédit photo : Courtoisie

La crise de l’inabordabilité du logement continue de frapper durement le Bas-Saint-Laurent. Réunis cette semaine à Rivière-du-Loup et à Matane dans le cadre d’assemblées publiques organisées par le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), des organismes communautaires ont dénoncé la détérioration rapide des conditions locatives dans la région.

Accueillies par le Comité logement du Bas-Saint-Laurent (CLBSL), ces rencontres s’inscrivent dans une tournée provinciale menée tout l’hiver sous le thème « Logement : retour vers le social ». Le FRAPRU y défend notamment l’objectif de doubler le parc de logements sociaux au Québec d’ici 15 ans.

Les données présentées dressent un portrait préoccupant. À Matane, le loyer moyen a augmenté de 10,4 % en un an, et de 14 % à Rimouski. À Rivière-du-Loup, la hausse annuelle est plus modérée, à 3,6 %, mais les loyers y ont bondi de 47,4 % depuis 2018. Les taux d’inoccupation demeurent extrêmement bas, atteignant 0,8 % à Rivière-du-Loup et 1,4 % à Matane, ce qui équivaut à une pénurie presque totale, particulièrement pour les logements familiaux.

« Les revenus de la population ne suivent pas les hausses de loyers, rendant la recherche de logement impossible », souligne Cassandre Vassart-Courteau, du CLBSL. Selon le recensement de 2021, le revenu médian des locataires du Bas-Saint-Laurent est le plus bas au Québec. Les ménages consacrant plus de 30 % de leur revenu au logement disposent d’un revenu médian de 21 000 $. Pour respecter le seuil d’abordabilité, ils devraient payer moins de 525 $ par mois — un loyer devenu pratiquement introuvable dans la région.

Sur le terrain, les organismes constatent une aggravation de la situation. « Avec l’explosion du coût de la vie, de plus en plus de locataires incapables de payer les loyers exorbitants vont se retrouver à la rue », affirme François Desjardins, de Repaires BSL. Laurie Tatibouët, du Centre-Femmes du Grand-Portage, insiste pour sa part sur les conséquences pour les femmes vulnérables : « Avoir accès à un logement réellement abordable et en bon état, c’est une question de vie ou de mort pour celles qui cherchent un refuge. »

Les groupes communautaires s’interrogent également sur l’utilisation des fonds publics destinés au logement. Ils critiquent les orientations gouvernementales actuelles et réclament un réinvestissement massif et structurant dans le logement social, qu’il s’agisse de HLM, de coopératives ou d’organismes à but non lucratif.

Une cinquantaine de personnes ont participé aux assemblées dans les deux villes, témoignant d’un fort appui citoyen et communautaire à la recherche de solutions durables pour freiner la crise du logement au Bas-Saint-Laurent.