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Québec compte abolir l’équivalent de 5000 postes d’ici 2027, annonce Duranceau
La présidente du Conseil du trésor, France-Elaine Duranceau, à la période des questions du 2 décembre 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot Québec compte abolir 3000 postes additionnels d’ici 2027, pour un total de 5000 postes. Les fonctionnaires devront aussi revenir au bureau trois jours par semaine à compter de janvier.
La présidente du Conseil du trésor, France-Élaine Duranceau, a procédé à cette annonce mercredi, affirmant vouloir augmenter l’efficacité de l’État.
Après avoir supprimé 2000 équivalents temps complet (ETC) cette année, Mme Duranceau dit vouloir abolir 2000 ETC supplémentaires dans la fonction publique en 2026-2027.
À cela s’ajoutent 1000 postes hors fonction publique, comme à l’Autorité des marchés publics, la Société des établissements de plein air du Québec ou la Société québécoise des infrastructures.
Québec espère générer des économies de 375 millions $ avec l’abolition de ces postes.
«Il n’y a pas de tronçonneuse. Il n’y a pas de coupes paramétriques», a assuré la ministre, qui parle de coupes «ordonnées et chirurgicales» dans les ministères et organismes.
Pour atteindre sa cible de 5000, le gouvernement Legault mise sur une attrition «naturelle», c’est-à-dire des départs à la retraite et des démissions. Il maintient son gel de recrutement et d’embauche.
Les réseaux de la santé et de l’éducation, ainsi que les «entreprises du gouvernement», comme Hydro-Québec, sont exemptées «afin de préserver les services directs à la population».
Québec donne aussi la possibilité à ses fonctionnaires de réduire leur semaine de travail de 35 à 32 heures. On préfère ainsi parler de réductions d’heures plutôt que d’emplois perdus.
La fonction publique a grossi sous la gouverne de la Coalition avenir Québec (CAQ): pas moins de 10 000 fonctionnaires en équivalent temps complet se sont ajoutés depuis son arrivée au pouvoir en 2018.
Retour au bureau 3 jours/semaine
Par ailleurs, Mme Duranceau a annoncé mercredi que les employés de l’État seront de retour au bureau trois jours par semaine à compter de la fin janvier. Actuellement, ils doivent être présents au bureau deux jours par semaine.
Selon elle, cela permettra de renforcer «la collaboration, la cohésion et le sentiment d’appartenance, tout en favorisant la créativité, le mentorat et l’intégration des employés dans leur équipe».
La ministre a fait valoir que 35 % des 70 000 fonctionnaires québécois ont moins de cinq ans d’ancienneté.
«C’est important, à un moment donné, pour s’imprégner de la culture, pour apprendre des autres, d’être là, de les voir, pas à travers un écran, mais prendre un café, puis de jaser au bureau», a-t-elle plaidé.
Elle a également évoqué la «fatigue numérique» liée au télétravail.
Ces raisons ne sont pas «valables», a aussitôt réagi le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), qui déplore également l’abolition de 3000 postes additionnels.
«Ça va être une augmentation des délais et des coûts, parce que (…) si on veut rendre des services à la population et qu’on n’a pas les effectifs, on va devoir embaucher et c’est la sous-traitance qui va être utilisée», a averti son président, Christian Daigle.
Le président du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), Guillaume Bouvrette, parle carrément d’une «boucherie».
«Les coupes supposément « chirurgicales » sont en réalité une véritable boucherie sur le terrain. Contrairement à ce qu’affirme la ministre, les services sont déjà affectés», a-t-il dénoncé dans un communiqué.
«On coupe n’importe qui n’importe comment un peu partout. Et il est faux de dire que ce sont seulement des départs volontaires, il y a bel et bien des gens qui se font mettre à la porte actuellement», a-t-il ajouté.