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Un an de Santé Québec : la CSN dénonce un « échec lamentable » dans la région
Un an après la mise en place de l’Agence Santé Québec comme nouvel employeur du réseau, la CSN dresse un bilan sévère de ses impacts dans la région. Réunis ce midi devant l’hôpital de Rimouski, les représentants syndicaux ont affirmé que la réforme Dubé n’a pas réussi à améliorer l’accès aux soins et aux services, parlant plutôt d’un « échec lamentable » qui fragilise davantage le réseau public.
Selon la CSN, les décisions structurelles et budgétaires prises depuis un an auraient affaibli la capacité des établissements à répondre aux besoins réels de la population. Louis Bernier, vice-président régional de la Fédération de la santé et des services sociaux du Bas-Saint-Laurent, souligne notamment une « centralisation extrême » de la gestion, une multiplication des postes-cadres axés sur le privé et des compressions de 34 millions de dollars dans la région. Ces mesures auraient entraîné fermetures, réductions d’horaires, bris de services, allongement des listes d’attente et investissements jugés insuffisants pour maintenir les infrastructures.
Sur le terrain, le personnel serait plus épuisé que jamais. Martin Bérubé, président du Syndicat du personnel de bureau, des techniciens et des professionnels de l’administration du CISSS du Bas-Saint-Laurent, affirme que les équipes travaillent en sous-effectif constant : « On ferme des services en invoquant un manque de personnel, mais ce manque découle directement du sous-financement qui empêche d’embaucher. On demande aux travailleurs d’en faire toujours plus avec toujours moins. »
La CSN reproche également au gouvernement d’être déconnecté des réalités régionales. La présidente du Conseil central du Bas-Saint-Laurent–CSN, Liette Ross, mentionne que les compressions et la centralisation des décisions ont eu un « effet direct » sur l’accès aux soins : réduction des heures d’urgence, fermetures temporaires de services, bris de soutien aux clientèles vulnérables et détérioration générale de l’offre de soins.
Le syndicat rappelle par ailleurs que Santé Québec et ses dirigeants issus du privé, les « top guns », devaient améliorer la performance du réseau selon les promesses du ministre Christian Dubé. Or, après douze mois, la CSN estime que les résultats vont dans le sens inverse : multiplication des couches bureaucratiques, baisse d’imputabilité, retards dans le paiement de primes et de rétroactivités, gel d’embauches, vieillissement des infrastructures, hausse des coûts d’entretien et difficultés informatiques persistantes, notamment avec le Dossier santé numérique et SIFA.
Dans ce contexte, la CSN poursuit sa campagne Faire front pour le Québec, qui vise à mobiliser la population face à ce qu’elle qualifie de bilan « désastreux » du gouvernement Legault. Le syndicat affirme vouloir défendre un meilleur partage de la richesse, des services publics accessibles et une transition juste pour l’ensemble des citoyens.